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vendredi 27 novembre 2015

Noir d’encre: modernité, simplicité et beauté des tracés japonais

L'empire de l'encre 
calligraphie contemporaine japonaise

jusqu'au 11 janvier 2016
Musée Guimet


Le musée national des arts asiatiques – Guimet et une  fondation japonaise Mainichi Shodokai présente des calligraphies japonaises contemporaines dans ce lieu extraordinaire, l'ancienne bibliothèque construite lors de la création du musée en 1889, une rotonde soutenue par des cariatides dans un pur style néo-pompéien.




Art très populaire au Japon, aussi estimé que la peinture, la calligraphie japonaise allie beauté simple et élégance à un sens philosophique: sagesse, sérénité, émotion momentanée…
En incluant des oeuvres de quelques artistes européens influencés par cet art de la belle écriture, l’expo nous montre comment la calligraphie japonaise évolue actuellement: 


Maruo-Renshi-1953-Le-coeur-l’esprit-2015

Joli poème pour inspiration
les signes tracés au pinceau de bambou et à l'encre de Chine sur le papier au riz deviennent plus abstraits et moins proches des caractères japonais afin de réaliser une œuvre esthétiquement belle et émotionnellement forte.

Ne ratez pas le titre des oeuvres toujours très poétique: il exprime à un instant donné le monde intérieur de l'artiste. 

Se conformer au ciel et répondre aux hommes
           Ishitobi Hakko 2014


Andô Hôson,
Visite en France, l’abbaye sur la mer
(Catégorie Caractères gravés), 2012

Dix ans à la froide fenêtre

Akahira Taisho- Signification incommensurable 2013



mercredi 25 novembre 2015

Grandeur et funérailles

Le Roi 
est mort

Jusqu'au 21 février 2016
Château de Versailles





D'accord, c'est un peu macabre par les temps qui courent...


mais c'est un grand spectacle baroque 
que nous fait revivre cette exposition:

après 72 ans de règne,
le Roi-soleil, monarque absolu, 
toujours en représentation 
de part le cérémonial de l'étiquette 
mais aussi par calcul politique,
agonise de la gangrène en public
au Château de Versailles 
devant la cour et ses proches...

Des cérémonies de deuil et des funérailles grandioses magnifiant sa puissance lui sont organisées...
mais dans l'indifférence de son peuple.
300 ans après sa mort (septembre 1715), toujours autant de fascination pour le temps de ce roi, à cause de la force et du rayonnement de son royaume, de l'exceptionnelle pléiade de génies en sciences, Arts et Lettres qui illustrent son règne, mais aussi du sentiment particulièrement aigu qu'il avait de la grandeur de son rôle ...



Médaille en or de Louis XIV 
Jean Varin, 1665
Portrait en costume de sacre
Hyacinthe Rigaud 1701
L’entrée de l’expo est extraordinaire, pyramide de crânes et en haut de l’escalier un catafalque incroyable; squelettes tenant une couronne dorée, un dais noir et blanc, statues en plâtre, flambeaux allumés, tambours en fond sonore, on y est!C'est théâtral et très impressionnant.




Louis XIV à cheval, roi de France et de Navarre 
René-Antoine Houasse
 Les différentes salles vont tout nous expliquer sur la fin de Louis XIV: agonie, autopsie et embaumement (approche scientifique pour une expo à noter!), exposition du corps, deuil à la cour, convoi funèbre (2500 personnes de nuit allant de Versailles à saint Denis), service funèbre, tombeau…

C’est à la fois didactique mais aussi captivant;
notre imagination est sans cesse sollicitée.
Louis XIV à la promenade
dans les jardins du Trianon en 1713
Pierre Denis Martin

Louis XIV à l'âge de 68 ans,
portrait en relief: cire, vrais cheveux, dentelles
Antoine Benoist 1705-1706




























Madame de Maintenon
Jean Jouvenet vers 1715

Ce n'est plus "le jeune monarque, ardent réformateur , qui imprime sa marque à toutes les formes de création dans l'effervescence d'un Versailles baroque et festif, mais le vieux roi éprouvé par des guerres interminables, cabré dans la dévotion en pourchassant les ennemis de la foi"qui est enterré comme le dit 
Joël Cornette dans son livre 
La mort de louis XIV, Apogée et crépuscule de la royauté (1er septembre 1715),Gallimard.


Catafalque de Louis XIV à Saint Denis
Catafalque dressé dans la cours impériale de Vienne
à la mort de Louis XIV
Giuseppe Galli Bibiena 1740


Les dernières salles  font un peu de remplissage en évoquant la survie de ce rituel lors de funérailles monarchiques ou nationales depuis la Révolution jusqu’à maintenant ...
Nous aurions préféré rester avec le Roi Soleil!


Pour compléter:
Un  cours en ligne ou MOOC, sur Versailles, très bien fait comme celui sur Picasso.
Et une fiction historique sur Canal+, Versailles!


Suite dans Versailles Rive droite

Bien entendu, un petit resto sur la place du Marché.
Le bistrot du Boucher (12 Rue André Chénier) ambiance sympa pas « versaillaise », plats tradis copieux. Pour nous, tête de veau sauce ravigotte et foie aux raisins, ile flottante….trop tard pour les profiteroles gargantuesques, merci pour notre ligne!
Du bout du monde
Christian Bozon
Un petit tour rapide dans le Quartier des antiquaires,  au coin nord-ouest de la place du marché, en tournant à gauche après l’angle formé par les rues Ducis et de la Pourvoirie.  Magnifique la cour de l’ancien hôtel du Bailliage!
Une petite galerie dans le Passage qui vend des lithos d'un graveur qui vit en espagne Christian Bozon et des lithos japonaises.


Petit tour à côté,  chez les soeurs Grene (28 Rue du Maréchal Foch), pas des " bonnes soeurs "  versailles oblige, mais deux soeurs danoises. 
Des tas d’objets utiles ou de décos, très design et très bon marché, à des prix hors concurrence! 
Des « merdicots » comme dit Catherine mais à quelques euros!
Un petit coup d'oeil juste derrière sur l'espace Richaud, ancienne  “maison de charité”  tenue par les Filles de Saint Vincent de Paul sous Louis XIV nouvellement réhabilité, façades jaune pale et jardin à la française superbes.


mardi 17 novembre 2015

Passionnés de Picasso




Un dessin de Picasso qui résonne bien aujourd'hui 
"Ils ont attaqué la vie, ils ont attaqué la jeunesse, la liberté. Alors, plus que jamais, soyons solidaires aujourd’hui "



Picasso.Mania jusqu'au 29 février 2016 

Galeries Nationales du Grand Palais, entrée Champs Élysées.

Autoportrait 1901



oui vous allez dire … encore Picasso… déjà vu , trop de choses…
mais alors non! cette expo est différente et captivante
la « Picasso Mania » 
c’est comme la « Beattle mania » , la passion Picasso

impossible pour quiconque  de ne pas connaître son nom, de ne pas reconnaître son style, ses toiles emblématiques telles que Les Demoiselles d’Avignon et Guernica

impossible pour un artiste contemporain de ne pas avoir été confronté depuis les années 1960, avec l’œuvre de Picasso 

alors l’expo présente de manière chronologique et thématique 
Cheri Samba
  















son impact sur des artistes (peinture, sculpture, cinéma... ) qui en ont été fortement influencés, s’en sont inspirés et souvent lui ont rendu hommage à travers un portrait ou un tableau:

Jasper Johns, Roy Lichtenstein, 
Jean-Michel Basquiat 

ou encore Jeff Koons,

 Andy Warhol, 
Nicky de Saint-Phalle,
etc…
mais aussi son impact en politique, cinéma, publicité...

Le titre des différentes salles, 15 en tout, vous en donne une idée: 
-Picasso contemporain (à ne pas  rater pas les 18 écrans noirs et blancs qui occupent tout un mur, réalisation Laure de Clermont-Tonnerre et Diana Widmaier Picasso: faire voir ces peintres, ces architectes et ces cinéastes qui vous disent face caméra, mais tout en s’écoutant les uns les autres, pourquoi ils ont été frappés par le génie de Picasso est une idée extraordinaire!), 
-Salut l'artiste, 
-Le cubisme un espace polyfocal (quel joli titre 
qui explique bien son point de vue!), 






















-David Hockney ((les jongleurs ou comment votre cerveau va voir et fondre en une seule image  18 images d'écran en léger décalé ), 














-Picasso crève l'écran, 
-Les Demoiselles d'ailleurs,
-Guernica icône politique, 















-C'est du Picasso ( portraits féminins en série, linogravures
aux vives couleurs très pop art)
-Picasso goes POP, 
-Rineke Dijkstra (comment des enfants réagissent à un de ses tableaux émouvant), 
-Jasper Johns (un peintre américain, si vous connaissez au moins ce drapeau...), 
-Star System, 
-Martin Kippenberger (très drôle, s'inspire d'une photo de Picasso en slip XXL avec son très chic lévrier afghan !), 
-un jeune peintre en Avignon (les Mousquetaires, plus de beaux dessins érotiques avec une précision incroyable dans le trait)
Photo un peu floue mais pas dans un but de censure!




-Bad Painting.


Nous avons beaucoup aimé l'accrochage en série un peu tassé comme dans son atelier; il permet de voir différents styles et recherches aussi bien pour les toiles de Picasso que pour d' autres.



Pablo Picasso's 'The Blue Acrobat' (1929)





oui Picasso est partout dans notre vie
avec une peinture gaie, en colère, iconoclaste, pleine de couleurs ou pas, pleine d'énergie et de vitalité!
CITROEN-Xsara_Picasso-Bleu


"L'art ne devait pas être un trompe l'oeil 
              mais un trompe l'esprit" 
propos de Picasso cité par Robert Desnos dans Ecrits sur les peintres, Paris, Flammarion.



PS: si vous avez un peu de mal ou si vous êtes désemparé devant les oeuvres contemporaines genre "c'est quoi le sujet? mais c'est un dessin d'école primaire! provocation, imposture, décadence?", alors lisez le très bon livre Découvrir et comprendre l 'art contemporain par Alain Bourdie chez Eyrolles.

par contre si vous voulez en apprendre plus sur Picasso avec des cours en ligne 
MOOC Picasso
super bien faits!








Suite Rond Point des Champs Elysées

Déjeuner coréen chez Soon, 
(20 rue jean mermoz, paris 75008, rue à droite du rond point si on regarde l'arc de triomphe!), menu pas cher pour la quartier, entre 15 et 18€ avec soupe, raviolis et plat, copieux et très bon...  mieux vaut réserver vu l'affluence des parisiens travaillant dans le quartier(tel:01 42 25 04 72).
Petit tour chez Banana Republic 
(22 Avenue des Champs Elysées, 75008 Paris), de moins en moins bien, mais quelques  basiques gilet cachemire, chemisier soie avec bon rapport qualité prix entre 50 et 60€.
Retour et traversée du pont des Invalides, dernière vue superbe sur le Grand Palais.

lundi 9 novembre 2015

Splendeurs et misères des courtisanes, non, des visiteurs

Exposition Orsay
Splendeurs et misères. 
Images de la prostitution, 1850-1910
22 septembre 2015 - 17 janvier 2016


Olympia Edouard Manet 1863
 Après Degas et le nu en 2012, la nudité masculine en 2013 et Sade, Orsay a une recette miracle pour racoler les foules: le sexe sous prétexte de culture!
D’accord, les peintres et les photographes de seconde moitié du XIXe siècle, du second Empire à la Belle Epoque, siècle d'or des maisons closes, ont été inspirés, fascinés souvent par les actrices et les lieux de la prostitution.  

Pas surprenant, le "plus vieux métier du monde » a toujours été source de fantasme masculin!
Alors, une expo pour faire  frissonner le bourgeois , 
émoustiller les touristes 
(«  il n ‘y a que les Français pour faire cela! « ) …
Guy Cogeval, président du musée d'Orsay, explique dans le catalogue de l’exposition: la prostitution a généré un "grand nombre de représentations à travers des courants aussi variés que l'impressionnisme, le naturalisme, le fauvisme ou l’expressionnisme ».

Et alors?
Le Sofa Henri de Toulouse Lautrec vers1894-96
Pas d'évocation de dimensions sociale et politique de la prostitution 
mais vous pourrez vous documenter sur cet univers méconnu? , imaginer les acrobaties sexuelles d’Édouard VII devant sa fameuse « Chaise de volupté », celles de la demi-mondaine La Païva dans sa chambre, etc… aller dans les salles interdites au moins de 18 ans zyeuter (voir) des photos érotiques ou pornographiques!
Rien à voir avec la peinture!

Splendeurs
plusieurs très beau tableaux impressionnistes, cubistes qui auraient mérité meilleure exposition...
Femme en chemise ou danseuse André Derain 

Misères
Salles bondées, murs surchargés d’oeuvres, exposition pléthorique, vous ne serez pas dans une ambiance sereine pour contempler ce monde interlope, coloré, pas toujours gai, mais quelquefois un peu glauque et lugubre. 


Catherine et son amie (je les avais abandonnée et retranscris leurs impressions!), pourtant pas « bégueules », sont sorties un peu écœurées: pas envie de revenir, malgré abonnement, pour mieux voir!